Projets de recherche

La première des missions de l’Institut québécois de réforme du droit et de la justice est la conduite de travaux de recherche interdisciplinaires sur les conditions d’évolution et de réforme de la législation et de la justice.

La communication publique est une exigence inhérente aux activités de recherche et de participation de l’Institut dont la fonction est de nature collective. Les rapports de recherche produits à la demande de l’Institut ont ainsi vocation à être publiés, et les événements de consultation initiés par l’IQRDJ sont de nature publique.

L’année 2020-2021 a été particulièrement riche, tant en regard des projets développés que des activités de recherche menées et conclues par une grande diversité d’équipes.

Justice de proximité

À la demande du ministère de la Justice du Québec, l’IQRDJ poursuit la réalisation du projet Justice de proximité. Cette étude est fondée sur l’évolution des cours municipales au Québec dans le cadre d’une analyse comparée. La recherche est composée de quatre chantiers :

Chantier 1 : Une étude de contenu et une synthèse des travaux réalisés au sujet de la réforme de la justice municipale au cours de la période 2000-2020 :

Ce chantier a été complété avec succès et a été accepté par le Comité scientifique. Il est rédigé par le professeur Guillaume Rousseau de l’université de Sherbrooke. Le Rapport final a été envoyé au MJQ.

Chantier 2 : Une étude comparée, des modèles, des structures, des instances et des services de justice de proximité au sein d’autres juridictions :

Un premier projet de Rapport a été préparé par le professeur Stéphane Bernatchez, de l’Université de Sherbrooke (200 pages). Il est présentement en voie d’une version finale à soumettre au Comité scientifique en mois de juin 2021.

Chantier 3 : Une étude des décisions prises par certaines cours municipales québécoises

Il s’agit d’une étude comparée réalisée sur un échantillon raisonné et représentatif des décisions prises par certaines cours municipales québécoises, en regard de certaines infractions types, de manière à en apprécier la stabilité et l’harmonisation. Elle dirigée par les professeures Chloé Leclerc de l’Université de Montréal et Dominique Bernier de l’UQAM ;

Chantier 4 : Une analyse des délais judiciaires en matière de justice municipale :

Le chantier est fondé sur l’analyse comparée des juridictions municipales, sur une période à déterminer en fonction de la mise à disponibilité des banques de données judiciaires. Il est dirigé par les professeures Chloé Leclerc de l’Université de Montréal et Dominique Bernier de l’UQAM.

Les rapports des chantiers 1 et 2 ont été déposés respectivement en février et juin 2021. Les chantiers 3 et 4 connaitront une suite au cours de l’année 2021-2022, alors que l’accès aux bases de données d’une quarantaine de cours municipales est rendu possible grâce à la collaboration du ministère de la Justice, de SOQUIJ, de la juge en chef adjointe de la Cour du Québec responsable des cours municipales, et des greffes des différentes cours.

Justice en temps de COVID

Ce projet visait à inventorier les régimes procéduraux d’exception susceptibles de permettre un traitement judiciaire, pré-judiciaire (PRD) ou hybride (combinant intervention judiciaire et PRD) des litiges qui naitront dans la foulée du COVID-19. Plus précisément, l’IQRDJ avait pour mandat de :

Proposer un inventaire des différents moyens permettant un règlement plus rapide et efficace des litiges tout en diminuant le fardeau sur le système de justice de manière à rencontrer les exigences supplémentaires nées de la récente période de pandémie ;

Favoriser le développement d’un consensus entre les parties prenantes du système de justice sur les moyens de gérer les litiges de la période post-Covid.

Cet inventaire a pris la forme d’un état des lieux, tirant sa source d’un tour de la littérature disponible au Québec et à l’étranger. Il propose un exposé schématique et succinct des avenues déjà envisagées ou des procédures développées dans le cadre de situations équivalentes au Québec et au sein d’autres juridictions. On tient compte des contextes mettant le système de justice devant un nombre important de litiges, apparus dans la foulée d’un épisode social inhabituel : catastrophes naturelles, événements de portée nationale, événements mettant en cause la sécurité publique, etc. S’agissant de litiges dont l’origine est parfois commune, parfois diversifiée, le rapport de cet inventaire repose essentiellement sur les trajectoires procédurales susceptibles d’en accélérer la résolution plutôt que sur les questions de droit substantiel.

Cette étude a été réalisée par la professeure Catherine Piché de l’Université de Montréal. Le rapport de recherche a été déposé et est devenu public le 15 juin 2021.

Rapport final 

Droit en temps de crise

Ce projet est le premier projet de recherche initié par l’IQRDJ. Conçu par les professeurs Pierre Noreau et Catherine Piché puis voté par les différentes instances de l’Institut. Il a fait l’objet de subventions du Secrétariat des relations canadiennes, de la Fondation du Barreau du Québec. L’Institut y consacre la totalité des financements de six Faculté de droit et Département des sciences juridiques du Québec et d’Ottawa.

Le projet concerne la définition des paramètres d’un régime d’exception applicable à la gouvernance publique et juridique de la société québécoise en contexte de crise. En effet, la pandémie en cours a démontré les limites d’un régime de gouvernance essentiellement centré sur la santé publique, de même qu’elle pose la question de l’action publique dans le cadre de crises susceptibles de frapper ultérieurement la société québécoise, qu’elle soit d’origine économique, informatique, environnementale, financière, etc. Cette question est en lien avec les mécanismes juridiques et politiques nécessaires à une réponse adaptée au contexte institutionnel québécois et au contexte fédéral.

Les résultats de la recherche prendront la forme d’un Rapport Public de recherche avec des recommandations (courant 2023) proposant deux ou trois modèles de régime d’exception applicables à la gouvernance politique et juridique de la société québécoise en contexte de crise. La recherche sera conduite dans le cadre de quatre chantiers de recherche :

Chantier 1 : Un retour sur l’expérience COVID-19

Chantier 2 : La conduite d’une recherche internationale de droit comparé

Chantier 3 : L’analyse des mécanismes et des conditions de prise en charge des litiges post-COVID-19

Chantier 4 : La rédaction d’un rapport synthèse schématisant les modèles étudiés avec leurs effets attendus et leurs difficultés et limites particulières

Une équipe interfacultaire est en cours de formation pour la réalisation de cette étude qui sera conduite tout au cours de l’année 2021-2022 et de l’année 2022-2023.

L'acte notarié électronique - l'état des lieux

Ce projet a été réalisé sous la direction des professeures Charlaine Bouchard de l’Université Laval, et Naivi Chikoc Barreda de l’Université d’Ottawa.

L’objectif de ce projet était de réaliser une recherche sur les solutions numériques dans la transmission des actes notariés au Québec, en droit comparé.

Le projet trouvait sa source dans les récents arrêtés ministériels autorisant la clôture d’un acte sur support informatique dans la foulée de la pandémie associée au COVID 19 1 (Arrêté numéro 2020-010 de la ministre de la Santé et des Services sociaux en date du 27 mars 2020 et Arrêté 2020-4304 du ministre de la Justice en date du 31 août 2020). Ces décrets prévoient notamment qu’un notaire est autorisé à distance à clore un acte notarié sur un support technologique. Le projet prévoyait :

Étudier les juridictions ou de telles procédures technologiques existent déjà, en tenant compte de la situation des États suivants, qui sont tous des juridictions de droit civil : Espagne, France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Estonie, Suisse, Italie, Brésil, Mexique et Argentine.

Concevoir un tableau comparatif des notariats latins de ces différents pays, de manière à établir des comparables – à haut niveau - permettant d’alimenter la réflexion sur les grandes orientations, susceptibles d’être empruntées, au Québec, en matière d’actes notariés dématérialisés.

Le rapport de recherche a été déposé en décembre 2020 et transmis au ministère de la Justice du Québec.

Caméras portatives des policiers

Le projet porte sur le de caméras portatives (parfois appelées caméras corporelles) dans le cadre des activités policières courantes, au Québec. Il est le produit d’un mandat confié à l’Institut par le ministère de la Sécurité publique.

Il prévoit plus spécifiquement la tenue de trois chantiers de recherche complémentaires permettant de documenter la « réception sociale » de ces nouvelles technologies, les effets associés à leur implantation et à leur usage sur la pratique policière, et les effets du recours à ces appareils sur la nature (la structuration et la régulation) des relations entre policiers et citoyens. Les données tirées de chaque chantier permettront une analyse croisée des dimensions reliées à l’implantation et à l’usage de ces caméras. Le projet est fondé sur les données tirées de 4 projets pilotes initiés par la Sureté du Québec dans les MRC de Rimouski-Neigette, Vallée de l’Or, Beauharnois-Salaberry et Drummond.

L’objectif du projet est essentiellement descriptif. Il s’agit de documenter les effets observables d’une nouvelle pratique, sur les représentations et les pratiques sociales reliées au travail policier. Il n’a pas pour fonction la proposition de recommandations ou d’orientations particulières, mais offrira une mesure objective du phénomène. L’étude conduira à la rédaction de deux rapports, un premier prévu pour le mois de février 2022, et un second pour le mois août 2022, qui tous deux seront rendus publics.

Les trois chantiers du projet prévoient :

Chantier 1 : L’administration d’un sondage populationnel dans chaque MRC

Chantier 2 : La conduite d’entrevues auprès des policiers utilisateurs

Chantier 3 : Une étude des interactions entre policiers et citoyens

Le projet donnera lieu à la constitution, en juin 2021, d’une équipe formée notamment dans le domaine de la criminologie.